Le CARL de la connaissance par Nigel Roth

Updated: 2 days ago


En 1951, Arthur Charles Clarke a écrit une nouvelle intitulée « Sentinelle », pour un concours de la BBC, dans lequel elle n'a pas retenu la moindre attention.


En 2020, alors que nous sombrions sous la pression d'une force étrangère appelée Covid-19, des monolithes ont commencé à apparaître dans le monde entier, dans les déserts de Californie, la paisible campagne roumaine, l'obscurité de l'île de Wight, les plaines des Pays-Bas, l’ordre allemand et dans l'aridité espagnole.


En 1968, dix-sept ans après et cinquante-deux ans avant la redécouverte de la « Sentinelle », Stanley Kubrick s'est associé à Clarke pour imaginer le film 2001 : L'Odyssée de l'espace, l'épopée de science-fiction qui a fait date, entièrement basée sur cette histoire originale. Elle a d’ailleurs inspiré un collectif connu sous le nom de « The Most Famous Artist », qui crée de nouveaux monolithes, et vous en fera une réplique pour environ CHF 55 000.-.


Kubrick et Clarke n'ont pas prédit que des monolithes apparaîtraient sur Terre pendant une pandémie, mais ils nous ont offert un aperçu de l'avenir. Ils nous ont conté l'inexistence du son dans l'espace, l'apesanteur d'un environnement à faible gravité et la visioconférence avec son horrible retard de transmission qui nous fait nous parler en même temps. Ils nous ont montré une station spatiale internationale, où les astronautes et les cosmonautes peuvent dialoguer facilement, échanger des idées et des innovations, et chercher ensemble la prochaine planète à foutre en l'air.


Une autre prédiction faite en 1948 par Clarke lorsqu’il a écrit le premier jet de son histoire, puis en 1951, 1968, et, si vous voulez, en 2001, était l'importance de l’assistance et des conseils que nous apporteraient les ordinateurs dans tous les aspects de notre vie quotidienne.


Pour l'équipage du vaisseau spatial américain « Explorateur un », la principale source d'information provient de CARL 500, l'ordinateur algorithmique programmé de manière heuristique. Il est la structure artificiellement intelligente de toute connaissance.


CARL est un spécimen étonnant d'IA, capable de reconnaissance vocale et faciale, d'interprétation linguistique illimitée, de lecture labiale et du comportement émotionnel de ceux qui l'entourent. Il pilote des vaisseaux spatiaux, bien sûr, et détermine lui-même les options optimales.


Et, inévitablement, CARL commence à devenir un peu fou, fonctionnant mal comme le ferait n'importe quel être un peu déprimé, contraint à un voyage spatial sans fin avec pour seule distraction un échiquier.


Mais, pour l'équipage de la planète Terre, la gageure est de naviguer, non pas dans le vide insonorisé des galaxies, mais dans la folie d'un monde en perpétuel changement, souvent déroutant, où la connaissance des faits et la vérification des récits sont primordiales pour notre existence contextuelle et notre perspective historique. Notre structure artificiellement intelligente de toute connaissance n'est pas CARL.


Ce ne sont pas non plus nos semblables qui ne peuvent, la plupart du temps, pas se souvenir d’informations que nous sommes censés "extraire" du fond de nos mémoires, compte tenu de la masse de renseignements tous plus excessifs les uns que les autres dont nous sommes constamment abreuvés.


Ce ne sont pas plus les médias car, soyons réalistes, aussi fort que nous puissions essayer, aucun d'entre nous ne sait plus exactement si ce que nous entendons est vrai.


Et ce ne sont pas les bibliothèques, parce que si elles détiennent effectivement les réponses à une grande partie des questions que nous nous posons et le savoir dont nous avons besoin, nous ne pouvons pas vraiment nous y rendre, et de toute façon je dois des amendes pour les livres en retard.


Non, rien de tout cela.


Notre CARL est également né en 2001, mais il n'a pas l'intention de nous trahir.


Joyeux anniversaire, Wikipédia.


Photo by Tom Leishman

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